Serpe de Niort - 2
Des Dragons dans nos contrées
La venue (et bien souvent sa mort) d’un dragon est un thème récurrent dans les mythologies.
Outre les dragons chinois, on en trouve en Suisse, en Allemagne, sans oublier Fafnir, le Dragon des légendes scandinaves, immortalisé par Richard Wagner.
En Poitou-Charentes, nous connaissons déjà “la Grande Goule”, dont on portait la statue en procession à l’époque des Rogations.
Mais les régions de France possèdent aussi parfois leur propre dragons, tel le Graoully de Metz, étouffé par Saint-Clément, premier évêque de Metz, ou encore celui de Draguignan où un autre évêque, Hermentaire, s’occupa d’un monstre nommé la Tarrasque.
Sans doute que la plupart de ses manifestations sont des représentations régionales du Grand Dragon, celui de l’Apocalypse.
Sans se noyer dans des détails mythico-religieux, l’on peut mettre en relief trois points soulignés par Mr Dupin (Préfet des Deux-Sèvres sous le Premier Empire) :
— Il désigne la symbolique du Monstres : l’Hérésie.
— Il souligne la part de responsabilité du pouvoir Temporel (le Maire) dans l’organisation des manifestations plus ou moins folkloriques…
— Il met en lumière la pédagogie du Mythe : la nécessité de satisfaire aux besoins de la société … Ces besoins étant présentés comme le mal inhérent de l’existence même.
Et aujourd’hui ?
La rue Ricard (une des rues principales du centre-ville) s’enorgueillit de quatre Dragons de bronze délimitant un espace piéton, et il n’est pas rare d’entendre parler tout simplement de la rue des Dragons.
Une dernière explication
Le lecteur peut se demander ce que vient faire un bateau viking sur la Sèvre.
Cela peut être une des sources plausibles de la naissance de la Légende. En effet, aux alentours de l’An mil, il ne fut pas rare que des expéditions vikings remontent la Sèvre (beaucoup plus importante alors) pour commercer, troquer ou piller.
Mais jamais, nos joyeux Nordiques ne purent prendre la ville de Niort, s’ils en avaient eu l’intention. À l’époque, il existait une formidable enceinte entourant le Donjon ainsi qu’une ligne de fortifications protégeant efficacement la ville
Les bateaux vikings, avec leur proue ouvragée à l’effigie du dragon, ont certainement dû impressionner les esprits niortais. De là, à en tirer une légende, il n’y a qu’un pas… que j’ai osé franchir dans ce roman.